Laure Faget

Pourquoi cette approche ?

Je suis devenue médiatrice parce que j’ai été confrontée à des situations où le conflit, l’agressivité et la violence en sont arrivés à réduire l’humain à sa pire version de lui même. Et que dans ces cas de figure là, ce sont bien souvent d’autres humains qui prennent le relais, décidant et agissant en leur nom et à leur place pour choisir des solutions venant de l’extérieur. Alors que toutes les solutions se trouvent justement à l’intérieur. « Faire à la place de » est plus simple que d’ « accompagner vers » mais c’est pourtant cette deuxième option que j’ai choisie.

J’ai trouvé dans la médiation une technique aux résultats bluffants qui permet à chacune des parties d’être entendue, reconnue dans ses besoins profonds et de faire émerger par elle même ce qui lui semble pertinent et juste dans la situation en présence. Accompagner vers davantage de compréhension mutuelle, vers une véritable écoute de l’autre, vers l’émergence de solutions qui – puisqu’elles viennent des parties elles mêmes – sont beaucoup plus faciles et légitimes à appliquer par la suite. Grâce à cette technique, j’ai vu des transformations incroyables: des personnes qui retrouvent le goût pour communiquer après des années de silence; des individus qui se réconcilient; des entreprises qui améliorent significativement leur climat de travail. Je suis toujours épatée de voir les ressources qu’a une personne – même en situation conflictuelle – pour créer son propre chemin de résilience.

Quel chemin parcouru ?

Diplômée en sciences politiques et en droit, disposant de plusieurs masters spécialisés dans les droits de l’homme et l’action humanitaire, j’ai réalisé plusieurs missions humanitaires dans des contextes délicats. La protection de l’enfance, la justice juvénile restauratrice ainsi que la gestion non violente des conflits comptaient parmi mes domaines d’interventions principaux.

C’est en Colombie, déployée sur une zone de conflit armé, que je réalise l’importance de mettre en place des outils pour recréer du lien et réguler les conflits. Je me suis alors formée à plusieurs approches : Cercles de paroles et cercles restauratifs au Brésil; Théâtre de l’Opprimé en Colombie; méthodologies de résolution des conflits au Canada. En effet, c’est en me formant à l’Institut Canadien pour la Résolution des conflits que je deviens une médiatrice et facilitatrice accréditée, apte à exercer dans tout contexte conflictuel.

Revenant d’une mission avec l’Organisation des Nations Unies (ONU) en Colombie au cours de laquelle j’ai pu mettre à profit ces outils dans le processus de paix entre le gouvernement et les anciens combattants Farc, je les propose désormais au niveau local en France. De la prévention de la violence, à la médiation en passant par la formation à la régulation des conflits, ces méthodologies s’adressent à tout public.