Les 7 obstacles à une véritable écoute – 3/ Livrer sa propre interprétation

3/ Livrer sa propre interprétation

Lors d’un dialogue, il est difficile de ne pas interpréter ce que la personne nous raconte. Interpréter c’est donner un sens personnel à un acte ou un fait. Ainsi la personne nous raconte par exemple qu’elle ne souhaite plus se présenter à tel concours. On va alors laisser libre cours à nos interprétations : « Ah oui, je comprends, tu n’as pas assez révisé et tu ne souhaites plus y aller » ; « Tu veux te consacrer à autre chose à présent ». Ou alors on va interpréter quelque chose d’extérieur à elle en faisant des hypothèses « Il ne t’a pas donné cette tâche car il t’estime incompétent » ; « Elle t’a snobé parce qu’elle est vexée » ; « Ils sont venus à ton dîner car ils n’avaient pas d’autres plans ». Si l’interprétation est vraie, opportune et acceptée, elle peut fournir à votre interlocuteur des éléments de compréhension et l’aider à avancer.

En revanche, une interprétation erronée ou non acceptée va provoquer une levée des défenses voire même de l’agressivité. En effet, certaines interprétations peuvent non seulement ne pas aider l’autre à cheminer mais aussi le blesser grandement. Car dans la façon dont nous interprétons la réalité, se glissent en fait toutes sortes de croyances, de craintes et d’aspirations qui n’appartiennent qu’à nous. En projetant cela sur l’autre, nous le réduisons à quelque chose qu’il n’est pas et donc nous l’orientons à notre guise.

C’est d’ailleurs un risque qu’il faut absolument éviter dans le processus de médiation. Il est tentant à partir de quelques éléments des récits des parties de faire des interprétations pour consolider des hypothèses qui feront éventuellement sens. Mais ainsi, le danger est de perdre neutralité et impartialité pour mener les parties dans une direction particulière, qui sera tout sauf la leur.

Conclusion : Gardez-vous de projeter sur l’autre ce que vous estimez vrai car vos interprétations dépendent de vos perceptions qui vous sont propres.