Les 7 obstacles à une véritable écoute – 2/ Se transformer en enquêteur

2/ Se transformer en enquêteur

Vous êtes en face d’une personne qui vous raconte une situation et vous vous transformez en véritable Sherlock Homes. « Que s’est-il passé ? Était-ce la première fois ? Comment as-tu réagi ? Que lui as-tu répondu exactement ? Puis-je voir le sms qu’il t’a envoyé ? Un tel est-il impliqué également ? ».

Vous souhaitez comprendre le problème de l’autre et pour ce faire, vous l’assénez de questions. En réalité, l’effet positif de ce mode-là est que, faisant ainsi, vous aidez l’autre à explorer son problème, à mieux cerner la situation, à prendre en compte tous les éléments de la problématique.

Cependant, l’inconvénient de ce mode « enquêteur » est qu’il peut fatiguer votre interlocuteur voire même provoquer de la méfiance. Imaginez, votre ami(e) rentre à la maison tardivement et n’a pas l’air très bien. Vous commencez alors votre interrogatoire : « Est-ce que tu as beaucoup bu ? » ; « Y avait-il des personnes que tu n’apprécies pas à cette soirée ? » ; « As-tu passé une bonne journée au travail ? » ; « Tu aurais aimé rentrer plus tôt ? ».

En réalité, ces multiples questions peuvent être bien reçues et donner lieu à une conversation agréable. Toutefois, elles peuvent aussi susciter de la lassitude voire même de l’agacement chez votre interlocuteur qui aspire simplement à avoir un moment de calme ou un peu de réconfort ou autres…

Ainsi, dans ces moments-là, réaliser que vous n’êtes ni flic, ni enquêteur, ni même psychologue ou assistant(e) social(e) peut vous aider à cesser de questionner de la sorte. A cet égard, vous pouvez vous demander au préalable si la question que vous avez envie de poser va être bénéfique pour l’autre. Ou alors, si elle ne viendrait pas plutôt satisfaire un besoin de curiosité chez vous. Sans se faire des nœuds au cerveau, posez-vous simplement la question.

En tant que médiatrice, je dois manier ce qu’on appelle l’art du questionnement pour aider les parties à approfondir leurs récits de vie et cerner leurs intérêts et motivations. Par ailleurs, je dois également savoir laisser des moments de silence, effectuer des reformulations, laisser les personnes parler entre-elles…soit un mélange subtil de différents éléments.

Conclusion ? Interroger autrui pour lui montrer qu’on s’intéresse à son récit et l’aider à approfondir et comprendre ? Oui ! Faire des séries de questions intrusives au mauvais moment ? A éviter !